La neutralité de la presse pourrait être remise en question

Intervention de Grégory Stich sur le rapport d'activité 2017 du référent déontologue lors de la Séance Plénière du 29 mars 2018.

Monsieur Le Président, Mesdames, messieurs,

Je vais m’exprimer sur les 3 rapports, à savoir les 428, 429 et 443 qui concernent le code de déontologie et ses modifications.

Quelques remarques d’ordres générales : Je découvre à la lecture du rapport rendu par Monsieur Sébastien Touzé que les différents groupes politiques de cet hémicycle ont été sollicités afin de donner leur point de vue quant à la démarche de mise en place d’un référent déontologue. Je regrette au demeurant et m’étonne, de constater l’absence de réponses de la plupart des groupes politiques, notamment du miens et donc de mon président de l’époque. Preuve s’il en fallait de l’intérêt qu’il accordait à la question. Il eut été heureux pour tous les groupes sans exception de s’associer à cette démarche.

De plus si la HA rappelle qu’elle ne peut être concurrencée nous accueillons avec satisfaction la possibilité de demander aux élus régionaux de notre collectivité une déclaration d’intérêts simplifiée qu’ils aient ou non une délégation de signature ou de fonction. Ce principe va au-delà de la loi mais est nécessaire au bon fonctionnement des institutions. Nous accompagnerons donc positivement cette proposition.

Enfin pour en terminer avec les remarques générales, comme je m’en étais inquiété lors du vote du code de déontologie en Octobre dernier la HA rappelle à juste titre qu’il n’existe pas au conseil régional d’indemnité de représentation de frais de mandat. Il est donc heureux de retirer cette mention initialement versée au document.

S’agissant de la déontologie en elle-même, que nous appelons tous de nos vœux, est-il nécessaire de le préciser, je souhaite rappeler ici notre étonnement telle que l’a soulignée Virginie Joron lors de la dernière Commission permanente par rapport aux financements de déplacements de plusieurs journalistes -sans d’ailleurs les nommer préalablement- dans le cadre de mandats spéciaux donnés aux élus comme prochainement, par exemple, au salon du livre de Hanovre. Nous considérons qu’en agissant de la sorte les journalistes sont mis en situation de porte à faux et la neutralité de la presse pourrait être remise en question et par ailleurs la Région disposant déjà d’un service de communication performant, peut-être alors, serait-il préférable d’éviter ce type de pratique. Nous avons donc décidé de saisir le référent, Monsieur Sébastien Touzé, afin qu’il nous fasse connaître son opinion quant à cette question.

Aussi nous accueillons favorablement votre proposition d’ouvrir la saisine à toute personne extérieure ayant connaissance d’un manquement supposé d’un élu aux règles énoncées dans le Code de déontologie. Monsieur Sébastien Touzé rappelle à juste titre la nécessité de rendre ce code visible. Dans cet esprit nous vous suggérons également de mettre en ligne sur le site internet de notre institution le règlement intérieur. Après vérification nous sommes une des rares collectivités régionales à ne pas l’avoir fait.

Enfin lorsqu’on fait référence à la déontologie, il serait bon que chacun et chacune garde à l’esprit l’assise intellectuelle de son engagement. Lorsqu’on se présente à une primaire d’un parti, on ne finit pas ministre d’un gouvernement opposé, lorsqu’on est peu politiquement et qu’on devient député européen, par exemple, on honore celui ou celle qui nous a construit, lorsqu’on est élu sur une liste (régionale) et non sur son propre nom, on peut aussi choisir de démissionner de son mandat lorsqu’on souhaite voguer vers de nouveaux horizons !

La déontologie c’est aussi le respect des électeurs qui nous ont fait confiance. Ceux-ci ont choisis un parti ainsi qu’une ligne mais certainement pas les plans de carrière du personnel politique.

Je terminerai donc en vous disant que : Il y a cet honneur dans la parole donnée que seuls les gens qui tiennent la leur ont.

Je vous remercie.