Ce rapport parle de logique de parcours de santé, moi je dirais plutôt de parcours du combattant !

Intervention de Virginie Joron sur le Projet Régional de Santé lors de la Séance Plénière du 29 mars 2018.

Monsieur le Président, Chers Collègues

Quand je lis ce rapport de l'ARS, au passage très bien fourni en terme de chiffres et même d'ambitions, notamment sur le volet prévention et promotion de la santé avec par exemple, la protection des jeunes contre le suicide, où l'on apprend que c'est la première cause de décès dans notre région, je ne peux tout de même m'empêcher de faire le rapprochement avec l’essai de Christophe Guilluy sur la France Périphérique, cette France oubliée, cette France sacrifiée ! Ce rapport parle de logique de parcours de santé, moi je dirai plutôt de parcours du combattant !

En effet, tous les jours nous apprenons la fermeture de cliniques pas assez rentables– ou la difficulté à faire venir des médecins généralistes dans les villages … Alors qu’en même temps, ce sont les métropoles et les banlieues qui se gavent encore d’aides publiques !

Il est indéniable qu’il faut le meilleur en matière de santé pour nos anciens qui sont l’âme de notre civilisation. Ils sont les gardiens de nos traditions, et nous devons faire le maximum pour qu’ils nous quittent d’une façon digne et non pas dans des mouroirs comme c’est souvent le cas. C’est pour cette raison que nous soutenons vos propositions, au cas par cas, lors des commissions permanentes sur les dossiers relatifs à la santé, notamment sur la lutte contre les déserts médicaux, fléau de notre région. Force de proposition, on vous proposé d’améliorer votre politique Régionale avec notre vœu sur les traitements anticancéreux, car pour nous, c’est l’intérêt général qui prime. Mais votre posture politique a pris le dessus, un grommellement de « hors compétence » a été votre seule réponse.

Ce rapport part du principe qu’il faut créer de grands pôles rassemblant des services de santé par spécialités afin de créer les fameux groupements hospitaliers. Vous oubliez toute de même un facteur important : la proximité ! Il est certain que cela nous handicapera dans toutes les situations d’urgence, car les hôpitaux ne seront plus dotés du personnel et de l’équipement nécessaire. Le cas du décès aux urgences de Reims en est un triste exemple ! En 2018, en France, on meurt aux urgences !? Incroyable et inadmissible ! Malheureusement, les maladies ne vont pas se développer sur les territoires en fonction de la spécialité de l’hôpital le plus proche et étant doté de l’équipement adéquat pour traiter l’urgence !

Ce rapport oublie quand même un élément essentiel au devenir de notre pays. Car, bien que les anciens soient l’âme de notre pays, les enfants en sont le futur. Or, rien n’est prévu en matière de soutien de la natalité qui pourtant ne cesse de baisser. Une politique de santé doit être globale et doter nos territoires des capacités à faire naître dans de bonnes conditions nos enfants, nos petits-enfants.  Un Etat stratège qui se bâtit pour demain, doit promouvoir la natalité !

La politique de l’ARS est à l’inverse de ce constat, en effet certains services de natalité vont même fermer comme à Bar le Duc ! Il n’échappera donc à personne que ce rapport de l’ARS est dans la même veine que les politiques conduites par la gauche depuis mai 1968. La natalité est dénigrée, la famille n’est plus la priorité car il faut des êtres nomades et individualistes afin de répondre aux besoins de la finance apatride.

Alors c'est bien mignon les rapports comme celui de 2000 nommé  "Nouveau rapport sur les migrations de remplacement publié par la Division de la population des Nations Unies"*  incitant les pays européens en déficit démographique à aller puiser dans les pays extra-européens en voie de développement. Pardon, mais ce n'est pas en allant chercher des migrants économiques extra-européens que vous redynamiserez nos campagnes !

Nous, nous pensons qu'il faut plutôt aider, inciter nos compatriotes à l'aide d’une vraie politique de la famille et non pas en leur tapant dessus constamment comme par la suppression du quotient familial ou en continuant de fermer des cliniques ! Permettez-nous de prôner une politique de la famille restructurée autour d’une natalité dynamisée. Permettez-nous également de ne pas soutenir cette politique consistant à fermer des services cruciaux pour le devenir de notre pays au motif d’une meilleure rentabilité.