L’écologie politique est confisquée par une poignée d’ayatollah de la bien-pensance

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Intervention de Jordan Grosse-Cruciani lors de la séance plénière du 22 décembre 2017 - Budget Environnement

Monsieur le Président, chers collègues,

Le Budget environnement se traduit ici par un montant global de plus de 36 Millions € soit à peine plus d’1% du budget total de l’institution mais les politiques environnementales et de développement durable se retrouvent dans de nombreux domaines de la politique régionale. Et je tiens à ce titre à saluer le travail des services et aussi au sein de la commission environnement avec des échanges toujours nombreux et constructifs.

Pourtant, si les investissements dans la transition énergétique et les rénovations de bâtiments tout comme le soutien à l’économie circulaire, autant de vecteurs d’emplois durables et non délocalisables, vont dans le bon sens ; l’ambition reste trop modeste et devrait s’accompagner d’un effort plus important non seulement au niveau régional mais surtout national. A quand un véritable plan gouvernemental de transition énergétique ?

La nouvelle SEM Oktave semble s’orienter dans la bonne direction. Si effectivement les délais entre la demande de subventions, l’acceptation et la mise en chantier du projet sont contenus, nous serons efficaces et éviterons le découragement de beaucoup de porteurs de projets notamment les particuliers souvent las de se perdre dans les méandres administratifs.

Sur la politique énergétique régionale, si nous partageons globalement vos actions comme le soutien à la méthanisation ou au bois, nous restons sceptiques sur le financement d’autres projets, vous le savez, comme les éoliennes qui suscitent un engouement chez nos élites dirigeantes en général qui aiment tant à la fois brasser de l’air et distribuer des subventions.

Plus globalement c’est à nous, politiques, de faire prendre en compte la nécessité de lutte contre le réchauffement climatique et de la préservation de notre faune et notre flore pour notre avenir.

Le dispositif des sorties pédagogiques natures va ainsi dans le bon sens comme les actions dans les Lycées pour lutter contre le gaspillage alimentaire. Mais on peut aller encore plus loin par exemple sur l’alimentation dans les cantines (plus de produits bios et de saisons, œufs d’élevages hors cages…) ou sur l’éducation à l’environnement et au respect du vivant. Je pense notamment pour nos personnes handicapées, comme je l’ai fait remarquer en commission, car on sait qu’ils sont trop souvent éloignés de ces sujets alors que la sensibilisation à l’environnement comme la zoothérapie sont de bons moyens d’intégrations, d’épanouissement, de créations de lien social et de prise de confiance en soi.

Alors j’entends évidemment les climatosceptiques qui trouveront toutes les explications possibles à la disparition des abeilles ou à la déforestation en nous ressassant l’argument habituel comme un vieux slogan de campagne du Parti Communiste  de « L’humain d’abord » mais l’un de va pas sans l’autre, l’humain sans l’animal ou le végétal.

Malheureusement aujourd’hui l’écologie politique est confisquée par une poignée d'ayatollah de la bien-pensance qui veulent classifier l’écologie tout en abandonnant l’idéal au profit de questions sociétales. Alors oui on peut être écologiste sans tomber dans la caricature de ceux qui voudraient nous faire vivre de tofus et nous éclairer à la bougie.

On peut défendre les circuits courts et une agriculture respectueuse de l’animal et de la nature qui ne nuit pas à la santé des consommateurs sans condamner nos agriculteurs déjà sacrifiés sur l’autel de la mondialisation mais la volonté politique doit accompagner les mutations.

On peut réduire nos émissions de CO2 sans pénaliser ces millions de citoyens ruraux éloignés de tout transports en commun qui n’ont pas d’autres solutions que d’utiliser leur voiture pour se déplacer mais à nouveau, seul un maillage du territoire fort en transports en communs rendra cela possible seulement s’il est accompagné d’une volonté politique.

Les problématiques environnementales ne doivent pas relever uniquement de la politique « bonne conscience », écologiser la politique ce n’est pas repeindre le tableau en vert avec un ciel bleu et des petits oiseaux c’est avoir une vision non pas seulement court-termiste mais dans la durée. L’ambition est là pour notre région mais il serait utile comme je le demande dans notre rapport sur le développement durable d’avoir de vrais indicateurs de suivi et d’objectifs.

Enfin permettez-moi de conclure par cette citation de Saint-Exupéry :

« Nous n’héritons pas de la terre de nos ancêtres, nous l’empruntons à nos enfants ».

Je vous remercie