Propos liminaires de virginie Joron lors de la présentation du Budget Primitif 2018

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Intervention de Virginie Joron lors de la séance plénière du 21 décembre 2017

« Le budget 2018 […] est le premier budget à se rapporter exclusivement à des politiques et à des dispositifs d’intervention Grand Est ».

C’est la première phrase de votre présentation du budget primitif. Ainsi, ce budget dévoile pleinement votre stratégie et vos objectifs.
Deuxième conséquence : il vous sera impossible de rejeter la faute sur les exécutifs régionaux de la précédente mandature et nous en sommes ravis.

Dans un sabir imbuvable teinté de novlangue, vous nous présentez, Monsieur Le Président, un budget s’inscrivant globalement dans la stratégie élaborée par votre prédécesseur, Monsieur Richert : un mélange de saupoudrage et de rupture avec la nation.

Une orientation sempiternelle, sans surprise : vous assumez toujours de favoriser les zones urbaines, les EPCI et la métropolisation au détriment d’un aménagement du territoire historique et harmonieux.

Par exemple, dans le domaine des transports, vous annoncez la suppression de lignes TER capillaires. En aménagement, vous contournez les communes au profit de trop grandes structures déconnectées des humains.

Au fond, vous refusez de soutenir nos territoires confrontés aux désertifications ; seules vous intéressent les zones développées. De fait, vous instaurez une solidarité à sens unique où les zones rurales doivent payer sans réciprocité pour le développement des zones urbaines dynamiques. Votre conception des relations entre nos territoires hétérogènes est regrettable : Non, Monsieur Le Président, il n’y a pas de Français de seconde zone !

A votre classique triptyque institutionnel : intercommunalité-région-Union Européenne, vous nous annoncez clairement la couleur de votre drapeau à la page 38 du budget primitif : «Une présence du Grand Est renforcée à Bruxelles pour tirer le meilleur parti des politiques européennes » et  « Cette action est complétée par le financement des structures permettant une meilleure information sur l’Union Européenne et ses politiques ». Pardon, mais la Région ne doit pas être le porte voix de la politique de Juncker le fédéraliste, de Merkel l’immigrationniste et de Moscovici le socialiste !

C’est sans doute pour cette raison que le BP 2018 contient une inflexion majeure.
Plus 18 %! C’est l’augmentation massive du budget dévolu aux « Relations internationales et transfrontalières », soit + 16 millions d’€.

Pour un ordre d’idée, il s’agit d’une somme supérieure au budget total dédié à l’agriculture par exemple…
Votre démarche d’intégration européenne est somme toute cohérente au regard de la déclaration de Monsieur Valence faite il y a quelques mois dans l’hémicycle : « Oui, nous sommes fédéralistes ! » avouait-il.
La fusion des régions impulsée par le Parti Socialiste est une aubaine pour la création d’une fédération des régions européennes que vous rêvez. Peu vous importe de fracasser une aventure humaine millénaire, nos régions, notre nation, par la féodalisation de notre belle Europe.

Pas à pas, inlassablement, la super région devient un État dans l’État que vous dotez des outils stratégiques classiquement dévolus à l’État justement. Le recensement de 19 schémas et autres programmes régionaux dans l’introduction du budget primitif, dépassant ouvertement les compétences transférées à la région par la Loi, en est une preuve. La déconcentration départementale opérée par la création des agences territoriales en est une autre. Sans parler de l’augmentation déjà évoquée des crédits alloués aux fameuses « Actions européennes »…
La « région » Grand Est n’a ni âme ni soutien des populations. Ce monstre froid est une construction technocratique antinationale et hors-sol.

Régulièrement, vous affirmez défendre l’Alsace. Mais comment y parvenir en la diluant ? En créant un Groupe Alsace ou en écrivant à Tripadvisor ? Sérieusement, c’est cela votre stratégie!? Dans votre Bp vous indiquez que « la stratégie de promotion touristique s’appuie sur la notoriété des marques de destination que constituent l’Alsace, l’Ardenne, la Champagne, la Lorraine et le Massif des Vosges (..). Nos 3 anciennes Régions ne sont donc plus que des marques réduites à une logique mercantile. Et pour appuyer le coup de marteau, vous annoncez vouloir renforcer l’identité du Grand Est – je cite « un effort particulier sera fait en direction des thématiques / filières signatures du Grand Est ! ».

Et puis comment y parvenir sans rompre l’équité entre nos 3 régions ? Je vous donne la réponse : c’est impossible ! La fusion des régions est fondamentalement porteuse d’inégalités ; votre Grand Est incarne ce concept post-national qui détruit l’Histoire. Et l’Histoire ne reconnaît que l’Alsace, la Lorraine, la Champagne et les Ardennes.

Contre le choix nihiliste et brutal que vous portez, nous proposons la voie de la Raison ; celle du respect des identités, des traditions, de l’Humain, pour évoluer librement dans la mondialisation. C’est ainsi que nous agissons pour les régions culturelles et pas pour une région désincarnée ; pour l’Europe et contre l’Union Européenne.

J’entends votre chef (Wauquiez) s’affirmer de droite, tous les jours comme un vieux mantra…Devoir le répéter sans cesse révèle que ceux qui vous écoutent n’en sont pas convaincus. Et ils ont raison ! En voyant la déconstruction nationale à laquelle vous vous adonnez de manière irresponsable, je dirai plutôt que vous vous inscrivez dans un courant tragique libéral-libertaire, main dans la main avec le gauchisme le plus radical. À vous l’économie, à eux la société, à nous la France.

Vous ne croyez plus en la France puissante et rayonnante. La mondialisation l’aurait abattu.
Quelle lâcheté !
Jamais nous n’accepterons votre projet politique.
Nous sommes confiants. Notre détermination est sans faille. La France, éternelle. Pour des siècles et des siècles.