L’exposé du budget de la commission tourisme nous donne raison

Intervention de Laurence Burg lors de la séance plénière du 21 décembre 2017 - Budget Tourisme

Monsieur le Président, Chers collègues,

L’an dernier au moment du vote du budget, et d’ailleurs durant toute cette année qui vient de s’écouler, nous vous avertissions déjà que le terme peu esthétique de « Grand Est », terme préféré par votre prédécesseur pour nommer l’engeance de la fusion de nos régions historiques, ne serait pas vendeur.

Un an et demi après nous avoir dit, qu’il faudra « laisser du temps au temps » pour que voient le jour une identité Grand Est, une marque Grand Est, une notoriété Grand Est qui permettraient de développer notre filière touristique. Rien de tout cela ne s’est concrétisé.

Dans ce rapport, il est indiqué le souhait de développer des « filières signatures du Grand Est », comme la valorisation du patrimoine ou l’œnotourisme, dans le but, je cite de : « renforcer son identité et son attractivité ».

Si nous prenons ces deux exemples que son l’œnotourisme et le patrimoine, dont nous soutenons tout à fait le développement et la promotion, nous ne pouvons-nous empêcher de vous signaler ce qui nous semble être pourtant une évidence :

  • un vin d’Alsace comme le Gewurztraminer ne sera jamais un vin de Grand Est,
  • tout comme la cathédrale Saint Étienne de Metz, en Moselle, et qui approche de ses 800 ans, ne sera jamais une cathédrale du Grand Est mais bien de Moselle, en Lorraine.

Il s’agit là de gesticulation ayant pour but de fondre les filières composantes de nos attractivités régionales historiques dans ce magma inerte qu’est votre chère identité Grand Estienne.

L’exposé du budget de la commission tourisme nous donne raison, puisqu’il est indiqué dans le paragraphe sur le renforcement de l’attractivité de la grande région, que, la « stratégie de promotion touristique s’appuiera sur la notoriété des marques de destination que constituent l’Alsace, l’Ardenne, La Champagne, La Lorraine, et le Massif des Vosges ».

Pour nous, cette attractivité est bien plus qu’une simple liste de noms mis côte à côte par ordre alphabétique. De l’aveu même de ce rapport, on ne peut que s’appuyer sur ce qui existe déjà, et qui a fait ses preuves en termes d’attractivité : nos régions historiques.

En revanche, Monsieur le Président, nous vous donnons raison… lorsque vous dites en parlant de l’Alsace, la Champagne-Ardenne et de la Lorraine, je cite

 « Que les appellations historiques de ces territoires constituent cependant des éléments indissociables de l’identité de ces territoires », ou encore qu’il s’agit là de positionnements géographiques plus précis, et « déterminants dans le choix d’une destination touristique ».

Voici le discours que vous avez tenu au site Trip Advisor lorsque vous avez été informé que ce site de voyage avait eu l’outrecuidance de remplacer le terme Alsace par Grand Est. C’est pourtant ce que vous essayez d’imposer de plus en plus.

Enfin, bien que comme votre prédécesseur vous tentiez de faire émerger cette identité Grand Estienne au détriment de celles de nos territoires historiques, il semble que vous essayiez d’en préserver une, là aussi, au détriment des autres, par la création de votre « groupe Alsace » dédié à la valorisation de l’identité alsacienne.

Monsieur le Président, vous prétendez donc faire naitre et promouvoir l’identité du Grand Est, tout en valorisant l’identité alsacienne. Très bien, et la Champagne –Ardenne et la Lorraine ?  L’identité dite alsacienne vaut-elle mieux que le sentiment lorrain, champenois ou ardennais ?

Nous ne pouvons, que voir dans cette différence de traitement, qu’une volonté de protéger l’Alsace des ravages que causerait la potentielle montée en puissance de l’identité du Grand Est. A moins, que cela ne soit par calcul politicien et électoraliste, mais nous ne pourrions imaginer une telle motivation.

Concernant le budget tourisme en lui-même, nous nous ne pouvons que constater peu de changements par rapport à ce qui nous a été présenté il y a un an. Les deux rapports sont quasiment identiques.

Nous sommes là encore dans l’attente du déploiement du Schéma de Développement Touristique, et pour l’instant il n’est que question de synergies entre les acteurs du tourisme de nos régions historiques.

Ce budget est essentiellement le fruit, l’émanation d’une philosophie politique que je viens de dénoncer,

- une philosophie politique dont les français ne voulaient pas,

- une philosophie politique qui vexe,

- une philosophie politique qui veut faire disparaitre petit à petit, bout par bout, territoire par territoire, ce qui participe de la nation française.

Cette philosophie politique qui découle de la fusion de nos régions, que nous avons toujours combattue, et que nous continuerons de combattre.

Je vous remercie.